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Sociologies en liberté, Pierre Cam : Les formes de précarité dans les métiers du transport. Ce travail prolonge la réflexion entamée lors des journées sur la mondialisation. La sociologie s’est construite autour de notions impliquant une délimitation spatiale – terrain, champ, espace, etc. – et s’est souvent préoccupée des limites à donner à ces territoires. L’usine comme matrice d’intégration du salariat apparaît dans de nombreux ouvrages sociologiques comme un ensemble circonscrit, divisible en métiers et postes de travail, c’est-à-dire en autant de petits territoires qui se laissent aisément observer. La manière dont les produits entrent, traversent et sortent de l’usine puis voyagent dans le vaste monde pour arriver au consommateur n’ont que peu retenu l’attention des sociologues.Cet héritage porte encore la trace du peu de considération que le père de l’économie libérale Adam Smith vouait à ce qu’il est coutume d’appeler les services, et en particulier les transports. Dans son œuvre, La Richesse des Nations, c’est d’abord le consommateur qui profite de la mondialisation. Dans un passage célèbre, Smith montre que le pauvre « moderne » est plus riche que le plus noble des indigènes, car les habits qu’il arbore sont le produit d’un assemblage social qui met à contribution les différentes nations, là où l’indigène n’utilise que les matières premières qui sont à sa portée . Défendant la thèse d’une richesse issue de la seule division du travail.

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