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Carole Launai, Le nain de jardin entre « amor fati » et mépris de classe. Selon cet auteur, les nains de jardins sont les « purs symboles de l’indolore routine de vivre, [sont de] petits êtres sans troubles de personnalité puisque sans personnalité, [et] censés incarner – du fait de l’adorable terre à terre de leur âme – ce bonheur mythique de l’absence de conscience. Le nain ne pense pas. Il vit dans cette non-pensée et de celle-ci. Sa vie rassure. Elle est cette absence d’efforts et de surprises à laquelle aspire l’ouvrier vieilli à l’usine, le petit commerçant qui aborde à la retraite comme à une Terre promise. Le nain est leur étendard. A travers leurs nains de céramique, tous ces jardiniers-décorateurs redeviennent Adam dans les trente mètres carrés de leur paradis que borde et préserve un grillage vert bouteille : treillis de Héphaïstos protégeant leur bien-être » .

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