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Françoise Philippe, Université de Rennes II : La mobilité intra-européenne. La globalisation de l’économie, l’affaiblissement du rôle de l’État-nation, la multiplication des allégeances citoyennes, l’augmentation des ressources culturelles et symboliques, l’essor des moyens de communication, en leur rapidité différenciée, tendent à créer de nouvelles formes d’appartenances et à recomposer les critères constitutifs d’une affiliation territoriale. Cette restructuration des modalités d’appropriation matérielle et symbolique de l’espace, associée à une internationalisation des mondes sociaux, conduit à une diversification des pratiques spatio-temporelles, à une multiplication des ressources d’identification. On voit l’individu singulariser ses usages et investissements de l’espace. La construction de l’Union européenne participe largement de cette reconfiguration des appartenances et de cette individualisation des territorialités. L’ouverture des frontières et l’autorisation à la mobilité intra-communautaire pour tous les ressortissants de l’Union apparaissent comme une véritable mutation politique et sociale. Ce droit européen transforme les fonctions traditionnelles des frontières et des appartenances territoriales ; il crée de nouvelles formes d’allégeances au politique par l’instauration d’une citoyenneté supranationale reformulant l’implication de l’État-nation. C’est ce système d’interdépendance et de complexification des constructions territoriales par l’ouverture de ce nouvel « espace des possibles » que nous allons ici chercher à poser en termes sociologiques. Nous proposons une réflexion sur ce que tend socialement à produire l’utilisation de ce droit à la mobilité intracontinentale, ainsi qu’une réflexion sur les logiques qui sous-tendent son usage.

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