Retour au sommaire

Delphine Colas-Bucco, Université de Nantes : La prison, une ethnologie du huis clos. Avant d’entrer dans la problématique du huis clos, nous nous sommes demandé si la prison était un lieu, un espace ou un non-lieu ? C’est-à-dire, est-elle un lieu qui « peut se définir comme identitaire, relationnel et historique » ou un espace qui ne « peut se définir ni comme identitaire, ni comme relationnel, ni comme historique » ? La prison est un peu tout cela à la fois. En un sens, elle fonde des identités (carcérale, notamment) ; elle crée des relations ; elle se construit historiquement. Mais elle est également un non-lieu puisque la prison est reconstruite à chaque nouvelle entrée de détenue. Pourquoi peut-on considérer la prison comme territoire du huis clos ? Dans cet univers marqué par l’enfermement et la claustration, les détenues se trouvent dans un lieu d'où elles ne peuvent pas sortir. Cet enfermement est concrétisé de deux manières : la symbolique de la peine et la durée de la peine. Maurice Duval parle également de la modification des limites de l’intimité dans le huis clos. Il en est de même pour la détention. L’intimité y est réduite au sens où les femmes sont quotidiennement soumises au regard des surveillantes et à celui des autres détenues.

PRÉCÉDENT <  PAGE  147 - 148 >  SUIVANT